Le ziggourat est une structure religieuse typique des grandes villes de l’ancienne Mésopotamie, couvrant les territoires de l’actuel Irak, Iran, Koweït et Syrie. Il s’agit d’un temple en forme de pyramide à étages, construit entre 4200 et 2500 ans avant notre ère. Le terme « ziggourat » est une adaptation moderne du mot akkadien Zighurtu, utilisé dans les textes babyloniens et assyriens pour désigner un temple à plusieurs niveaux. Ces monuments se caractérisaient par des plateformes superposées, culminant avec le temple principal au sommet. La construction de ziggourats était répandue dans presque toutes les civilisations anciennes. Bien que les Élamites les désignaient sous le nom de « Kokono« , ces structures en Iran et en Mésopotamie sont aujourd’hui communément appelées ziggourats antiques. Le ziggourat le plus célèbre d’Iran est celui de Chogha Zanbil, situé près de Suse.

La Ziggurat de Chogha Zanbil, Suse, Iran
Les Ziggourats de l’Ancienne Mésopotamie
Une ziggourat est un type de pyramide à degrés caractéristique de l’ancienne Mésopotamie, particulièrement en Sumer, en Assyrie et à Babylone. Ces édifices monumentaux servaient de temples dédiés aux divinités mésopotamiennes. Le terme ziggourat provient du mot akkadien ziqquratu, qui signifie construit sur une hauteur.
Les ziggourats se distinguaient par une structure en terrasses superposées, chaque niveau étant plus petit que celui situé en dessous. Cette conception leur conférait une apparence en escalier, avec une large base menant à un temple ou un sanctuaire situé au sommet. Leur fonction principale était religieuse : les temples perchés sur ces édifices étaient consacrés aux divinités tutélaires des villes ou des régions où ils se trouvaient.
L’un des exemples les mieux conservés est la Grande Ziggourat d’Ur, située dans l’actuel Irak et datant d’environ 2100 av. J.-C.. Bien que de nombreux ziggourats aient disparu avec le temps, leur importance architecturale et spirituelle reste une source précieuse d’informations sur les croyances et les cultures de l’ancienne Mésopotamie.
À ce jour, 11 ziggourats ont été identifiées grâce à des sources historiques écrites, tandis que 21 autres ont été découvertes à travers des fouilles archéologiques.
1Ziggourat de Dur-Sharrukin
La ziggourat de Dur-Sharrukin, découverte lors de fouilles archéologiques dans l’ancienne capitale assyrienne (actuellement Khorsabad, en Irak), est un exemple remarquable de l’architecture religieuse de l’Antiquité. Conçue sur l’ordre du roi Sargon II vers 705 av. J.-C., cette structure monumentale servait de centre cérémoniel et de lieu de culte. À l’origine, le ziggourat se composait de plusieurs niveaux dont les terrasses étaient peintes en blanc, noir et rouge, de la base jusqu’au sommet. Aujourd’hui, il ne subsiste que trois étages, et l’accès aux niveaux supérieurs s’effectuait exclusivement par une rampe.
Malheureusement, le 8 mars 2015, le site de Dur-Sharrukin aurait été pillé et partiellement détruit par l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), compromettant ainsi la préservation de ce précieux héritage historique.

Ziggurat d’e Dur-Sharukin , Khorsabad, Iraq
2Ziggourat d’Ur
La plus grande, la plus complexe et la mieux conservée des ziggourats découvertes en Mésopotamie est la ziggourat d’Ur. Située dans l’ancienne ville d’Ur, près de Nasiriyah dans la province irakienne de Dhi Qar, cette imposante structure polygonale mesure environ 45 mètres sur 64 mètres. Elle se compose de trois terrasses superposées, dont la hauteur varie entre 20 et 30 mètres, chacune accessible par un vaste escalier.
Érigée au XXIe siècle av. J.-C. par Ur-Nammu, fondateur de la troisième dynastie d’Ur, la ziggourat servait de temple dédié à Nanna, le dieu de la lune (connu sous le nom de Sin en akkadien). Ce monument exceptionnel témoigne de l’ingéniosité technique et de l’importance de la religion dans la civilisation sumérienne.

Ziggurat d Ur, Iraq
Au sommet de la ziggourat se trouvait autrefois le temple dédié à la déesse Nanna, protectrice de l’ancienne ville d’Ur. Aujourd’hui, ce temple a disparu, et seules quelques briques bleues—probablement issues de sa décoration intérieure—ont été retrouvées.
Dès la fin du VIe siècle av. J.-C., la structure était déjà en ruine. Contrairement aux pyramides égyptiennes, édifiées en pierre, les ziggourats étaient construites en briques de boue assemblées avec du bitume ou de la boue. L’humidité des pluies hivernales et la chaleur estivale causaient alors la détérioration de ces matériaux fragiles.
La ziggourat a fait l’objet de deux restaurations majeures. La première, réalisée au VIe siècle av. J.-C. par le roi néo-babylonien Nabonide, comprenait l’ajout de plusieurs bâtiments sur le sommet de la structure principale. Alors qu’Ur-Nammu utilisait du bitume solide, de la boue et de la chaux pour ériger la ziggourat, les ouvriers de Nabonide se contentaient d’employer des mortiers ordinaires, ce qui permit au vent et à la pluie de dégrader progressivement l’édifice au fil des siècles.
La deuxième restauration eut lieu environ 2500 ans plus tard, dans les années 1980, sous le régime de l’ancien président irakien Saddam Hussein.
2Ziggourat de Babylone
Parmi les ziggourats les plus célèbres de l’Antiquité figure celle de Babylone, souvent identifiée à la légendaire tour de Babel et surnommée « Maison de la connexion entre la Terre et le ciel ». Ces structures occupent une place de choix dans les textes religieux. Le récit de la Genèse (Genèse 11:1-9) aborde, par exemple, l’origine des multiples langues humaines : selon la Bible, au commencement, toute l’humanité parlait une seule langue. Dans le pays de Babylone, des hommes ambitieux décidèrent de construire une tour si élevée qu’elle atteindrait les cieux, cherchant ainsi à inscrire leur nom dans l’histoire et à se rassembler en un seul lieu, en défiant l’ordre divin qui avait prescrit leur dispersion sur la Terre.
Illustration of Peinture ancienne de la Tour de Babel
Le projet de construction de cette tour fut lancé, mais Dieu, mécontent de cette entreprise, décida que ses bâtisseurs devaient être dispersés sur la Terre. Pour briser leur arrogance, il retira leur capacité à se comprendre mutuellement. Ainsi, par un jugement divin, il fit naître la diversité des langues et dispersa les hommes à travers le monde.
Bien que ces deux structures monumentales se ressemblent à première vue, elles présentent des différences notables :
Fonction :
Les pyramides servaient principalement de tombeaux ou de sites funéraires pour les dirigeants et les élites, tandis que les ziggourats étaient érigées comme temples pour les rituels religieux.
Localisation :
Les ziggourats se trouvent en Mésopotamie, alors que les pyramides dominent les paysages de l’Égypte ancienne et de certaines régions d’Amérique du Sud.
Architecture :
Les ziggourats se caractérisent par des terrasses et marches sur plusieurs niveaux, tandis que les pyramides comportent généralement un long escalier ou une rampe menant à leur sommet.
Décoration et usage :
Les ziggourats, riches en décorations, culminaient par un temple accessible par escalier ou rampe, alors que les pyramides, souvent plus austères en apparence, abritaient des chambres internes dédiées aux sépultures.
Ziggurat vs Pyramide
Les plus anciennes ziggourats d’Iran
Les plus anciennes ziggourats d’Iran témoignent de la richesse et de la diversité du patrimoine architectural de l’Antiquité. Érigées dès l’époque de l’Elam et d’autres civilisations pré-iraniennes, ces structures à terrasses, construites en briques de boue et de matériaux locaux, étaient dédiées à des rituels religieux et symbolisaient la connexion sacrée entre le ciel et la terre. Malgré les altérations dues au temps et aux interventions humaines, elles offrent aujourd’hui aux chercheurs un aperçu fascinant des techniques de construction et des croyances spirituelles de leurs époques respectives. Ces monuments témoignent de l’ingéniosité et de la profondeur culturelle des anciens peuples d’Iran, enrichissant notre compréhension de l’histoire religieuse et architecturale de la région.
Voici une liste des anciennes ziggourats d’Iran :
1Ziggurat de Sialk à Kashan
La plus ancienne ziggourat connue est a Kachan: Érigée il y a environ 4700 à 4500 ans, à une époque proche de l’invention de l’écriture, cette structure impressionnante a été bâtie avec plus de 125 000 briques de 35 x 35 x 15 cm. Composée de trois plateformes superposées, sa hauteur d’origine reste incertaine, mais les vestiges actuels s’élèvent à 14 mètres au-dessus du sol. L’unique accès à son sommet se fait par une rampe en pente douce.
2Ziggourat de Konar Sandal
Cette ziggourat récemment découverte est située dans la région de Jiroft et appartient à la civilisation de Jiroft. Elle est mille ans plus ancienne que la ziggourat de Chogha Zanbil et aurait appartenu à l’ancienne tribu Arta. À ce jour, elle n’a pas encore été entièrement excavée.
3Ziggourat de Haft Tappeh
D’après les fouilles menées en 1978 par le Dr Negahban sur les vestiges de l’ancienne civilisation élamite, cette structure aurait été fondée en 1357 av. J.-C. Haft Tappeh, un site archéologique situé dans la province du Khuzestan, se trouve à environ 10 km au sud-est de Suse. Ce site est constitué d’un ensemble de collines antiques, qui pourraient correspondre aux vestiges des villes élamites de Tikni ou Kabnak.
L’étendue de ce site antique a suscité l’intérêt de nombreux chercheurs. Selon certaines théories, cette ville aurait été l’un des principaux centres politiques sous le règne des Élamites et du roi Tepti-Ahar au XVe siècle av. J.-C. Par la suite, Suse serait devenue le centre du pouvoir, bien qu’aucune preuve formelle ne confirme cette hypothèse.
4Ziggourat de Chogha Zanbil
Chogha Zanbil est la plus grande et la mieux préservée des ziggourats connues à ce jour. Située près de Haft Tappeh, elle appartient à la période moyenne de la civilisation élamite et fut construite vers 1250 av. J.-C.
Les premières fouilles scientifiques ont été réalisées par l’archéologue russo-français Roman Girshman, qui a découvert la structure enfouie sous une ancienne butte. Il mit au jour une ziggourat à cinq étages, dont trois sont restés intacts.
La ziggourat de Chogha Zanbil se trouve dans la province du Khuzestan, à 40 km au sud-est de Suse et à 20 km de Haft Tappeh, près de la rive ouest de la rivière Dez.

Chogazanbil Ziggurat, Susa, Iran
Architecture de Chogazanbil
Le site archéologique de Chogazanbil abrite une imposante ziggurat, érigée vers 1250 av. J.-C. par le roi élamite Untash Napirisha (vers 1265–1245 av. J.-C.) en l’honneur du dieu Inshushinak, protecteur de Suse. Ce monument à plusieurs niveaux a été construit en superposant des étages indépendants aux hauteurs variables. Son rez-de-chaussée, de forme carrée, mesure 103 x 103 mètres.
L’ensemble du site est délimité par une vaste enceinte fortifiée. Un second mur intérieur entoure la ziggurat, formant une aire de 400 x 400 mètres. À l’origine, sept portes permettaient de relier les différentes cours à la zone environnante.
Le bâtiment principal comptait autrefois cinq étages, dont seuls trois subsistent aujourd’hui. Son entrée principale, située au sud du complexe, est ornée de briques décoratives émaillées en bleu et blanc, agrémentées de motifs sculptés. Ces briques portent des inscriptions en écriture cunéiforme élamite mentionnant le nom du roi Untash Gal ainsi que celui d’Inshushinak, la divinité majeure du panthéon élamite.
La Plate-forme du Sacrifice
Dans la cour du temple, deux plateformes circulaires intriguent les archéologues. Leur usage exact demeure incertain : certains les considèrent comme des autels sacrificiels, d’autres les associent à l’astronomie ou à un cadran solaire. La théorie dominante les identifie comme des plateformes de sacrifice.
Une plaque en bronze, probablement liée à la Table des Sacrifices de Chogazanbil, est aujourd’hui conservée au musée du Louvre à Paris. Elle représente deux serpents entourés de cinq femmes et témoigne du savoir-faire remarquable des forgerons élamites, tant par sa finesse que par sa précision artistique.
La Déclin d’une Civilisation
La belle et pittoresque architecture de Dur-Untash a attiré de nombreuses personnes qui ont migré vers cette grande ville en provenance de différentes régions de la Mésopotamie. Cependant, la prospérité de la ville n’a pas duré longtemps. Avec la mort du roi Untash Napirisha, ses successeurs n’ont pas poursuivi l’achèvement du développement de la ville, et certaines des œuvres d’art et sculptures ont même été déplacées vers Suse. En 1260 av. J.-C., soit 611 ans après la fondation de Dur-Untash, le puissant roi assyrien Ashurbanipal attaqua l’Élam afin de se venger des Élamites, responsables de la conquête de Babylone, le grand allié des Assyriens.
À gauche : Roi assyrien Ashurbanipal, Musée britannique | À droite : Inscription en argile, Chogazanbil
Dans l’une de ses inscriptions, l’histoire de la conquête d’Elam était décrite comme suit : « J’ai réduit en cendres Suse et d’autres villes élamites et en un mois et un jour, j’ai conquis la terre d’Elam avec toute son étendue. J’ai privé cette terre de bétail et de moutons, ainsi que de musique, et j’ai permis aux prédateurs, aux serpents et aux animaux de la conquérir. »
Comment le temple de Chogha Zanbil a-t-il été découvert ?
En 1890, le célèbre géologue « Jacques De Morgan » a rapporté que des ressources pétrolières avaient été découvertes dans une région appelée Chogha Zenbil. C’est apparemment suite à ce rapport que la Compagnie pétrolière iranienne a été formée. Environ cinq ans plus tard, des ingénieurs travaillant dans les champs pétrolifères ont envoyé une brique inscrite ancienne à un archéologue travaillant dans les fouilles de Suse, et cette brique a conduit à une série de fouilles à Chogazanbil. Bien que l’excavation de ce site au cœur de la plaine plate ait complété la connaissance mondiale de l’histoire ancienne de l’Iran, après environ cinq ans de découverte, les éléments naturels destructeurs ont beaucoup endommagé cette ancienne structure en briques de boue, en particulier les étages supérieurs ont été fortement érodés. Chogazanbil est l’un des rares bâtiments iraniens inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Ziggourat – Pyramides de Mésoamérique
Les civilisations mésoaméricaines comptent en réalité plus de structures de type ziggourat que le reste du monde. Des civilisations telles que les Aztèques, les Olmèques, les Mayas et les Incas ont toutes construit des pyramides à degrés pour se rapprocher des dieux, abriter leurs divinités, pratiquer des sacrifices et enterrer leurs dirigeants. Dans ces anciennes cultures, les temples formaient le centre sacré de la vie publique et étaient le lieu de rituels sacrés. Les pyramides à degrés mésoaméricaines les plus célèbres sont les suivantes :
- La Pyramide du Soleil et la Pyramide de la Lune à Teotihuacán, au centre du Mexique
- Le Castillo à Chichén Itzá, dans le Yucatán
- La Grande Pyramide dans la capitale aztèque de Tenochtitlan
- La Pyramide de Cholula et le grand temple des Incas à Cuzco, au Pérou.
Teotihuacan, Mexico
Informations essentielles sur les ziggourats
- Les ziggourats sont des structures massives en briques d’argile, dépourvues d’espaces intérieurs.
- Elles reposent sur des bases carrées et se trouvent principalement en Mésopotamie (Babylone, Assyrie) et dans le sud-ouest de l’Iran, à l’exception de la ziggourat de Sialk à Kashan, située sur le plateau central iranien. Aucune des ziggourats découvertes n’est restée intacte, rendant leur hauteur exacte incertaine. L’accès au dernier niveau se faisait par des escaliers ou des rampes.
- Les environs des ziggourats étaient embellis par des arbres.
- Dans l’Antiquité, on croyait que les dieux résidaient dans le ciel, et les ziggourats étaient conçues pour s’en rapprocher, servant ainsi de lieux de culte élevés.
- Les peuples de Mésopotamie et du plateau central iranien construisaient ces édifices en forme de montagnes, où se déroulaient des cérémonies religieuses.
- Les ziggourats étaient constituées de plusieurs niveaux superposés, chacun étant construit indépendamment sur le sol. Le niveau central, le plus élevé, était renforcé par l’ajout de nouvelles structures autour, donnant à l’ensemble l’apparence d’une immense pyramide à étages.
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